mardi 12 mai 2020

Jiménez (Juan Ramón) : 'Éveil' (traduction M.P.)



Éveil

La nuit s’en va, taureau noir,
- chair pleine de deuil, d'épouvante et de mystère - ;
qui a mugi, terrible, immensément,
sueurs froides pour tous les morts ;
et le jour vient, enfant joli,
qui appelle confiance, amour et rire
- enfant qui, là-bas très loin,
dans les arcanes où 
les commencements et les fins se rejoignent,
a joué un moment,
dans je ne sais quelle prairie
de lumière et d’ombre,
avec le taureau qui s’enfuyait -. 

Desvelo

Se va la noche, negro toro
- plena carne de luto, de espanto y de misterio - ;
que ha bramado terrible, inmensamente,
al temor sudoroso de todos los caídos ;
y el día viene, niño fresco,
pidiendo confianza, amor y risa
- niño que, allá muy lejos,
en los arcanos donde
se encuentran los comienzos con los fines,
ha jugado un momento,
por no sé qué pradera
de luz y sombra,
con el toro que huía -.