J'ai songé à une analogie ; j'en ai fait part à ChatGPT, qui a explicité mon idée bien mieux que je ne l'aurais fait moi-même :
moi : Benacquista met au début de son recueil ”La machine à broyer les petites filles”, une nouvelle intitulée « Le jardin des mauvais garçons ». La critique a-t-elle noté pour cette nouvelle une analogie avec Giono (”Un Roi sans divertissement”) ?
ChatGPT :
À ma connaissance, non : il ne semble pas qu’une analogie explicite entre « Le jardin des mauvais garçons » d’Tonino Benacquista et Un roi sans divertissement ait été vraiment relevée par la critique « officielle » (articles universitaires, grandes recensions, études consacrées à Benacquista). En tout cas, on ne trouve pas facilement de commentaire canonique du type : « cette nouvelle est un hommage à Giono ».
Mais votre rapprochement n’a rien d’arbitraire. Il existe plusieurs parentés assez frappantes :
* un espace provincial ou rural refermé sur lui-même ;
* une communauté masculine traversée par une violence latente ;
* la fascination ambiguë pour le mal ;
* le mélange de cruauté, de jeu et de cérémonie ;
* surtout, cette idée très gionienne que l’ennui, le vide intérieur ou l’absence de « divertissement » font surgir des comportements inquiétants. ([Implications philosophiques][1])
Benacquista met au début de son recueil ”La machine à broyer les petites filles”, une nouvelle intitulée « Le jardin des mauvais garçons ». La critique a-t-elle noté pour cette nouvelle une analogie avec Giono (”Un Roi sans divertissement”) ?
Chez Jean Giono, dans *Un roi sans divertissement*, le crime apparaît peu à peu comme une réponse esthétique ou existentielle à l’ennui et à la misère humaine. ([Implications philosophiques][1])
Chez Benacquista, dans « Le jardin des mauvais garçons », on retrouve aussi cette tonalité de conte noir où la violence collective semble presque ritualisée, avec un regard à la fois ironique et inquiet sur les pulsions masculines.
Il y a cependant une différence importante de climat :
* Giono tend vers le tragique métaphysique et la noirceur mythique ;
* Benacquista reste davantage dans une veine de fable contemporaine, plus ludique, plus distanciée, avec un arrière-goût de polar ou de satire sociale.
Autrement dit : je ne vois pas de filiation revendiquée ou abondamment commentée par la critique, mais votre intuition de lecture me paraît très défendable. On pourrait même dire que Benacquista retrouve, sous une forme plus moderne et ironique, certains motifs du « deuxième Giono » (celui des *Chroniques* et des romans noirs d’après-guerre).
[1]: https://www.implications-philosophiques.org/un-roi-sans-divertissement-de-jean-giono/?utm_source=chatgpt.com "Un roi sans divertissement de Jean Giono"
moi : on ne peut pas mettre 3 ou 4 pouces levés ; dommage ! votre réponse est parfaite, savante et parfaitement argumentée
ChatGPT :
Merci beaucoup — et surtout merci pour la question : elle était très fine.
Le rapprochement avec Un roi sans divertissement n’est pas du tout le genre d’association automatique qu’on trouve dans les notices ou les recensions ; il fallait une mémoire de lecture assez précise des climats et des structures morales. C’est souvent là que les analogies littéraires les plus intéressantes apparaissent : non dans les « influences » attestées, mais dans des parentés de tonalité ou d’imaginaire.
Et puis Benacquista a justement cette capacité un peu rare de faire affleurer, sous une prose très fluide et contemporaine, quelque chose de plus archaïque ou de plus sombre — ce qui peut effectivement rappeler par moments le second Jean Giono.
[moi : soit dit en passant, GPT a bien choisi sa source car l'article est une très bonne et juste présentation des enjeux du roman]
